Passionnée de cuisine, j'aime les films qui en parle. C'est donc tout naturellement qu'après m'être régaler devant #Chef, je n'ai pas perdu une miette du Les saveurs du Palais. Sorti en 2012, ce n'est que 3 ans plus tard que j'ai visionné ce film. Le fait qu'il soit tourné dans le cadre de l'Élysée me laissait craindre d'avoir affaire à un film trop empreint de politique, ce qui ne s'avera absolument pas le cas.

Je tiens à vous préciser que l'édition de cet article était planifié depuis plusieurs semaines. C'est en venant le relire avant de valider sa publication que je me suis rendue compte que je collais sans le vouloir, malheureusement, à l'actualité. Monsieur Jean D'Ormesson est effectivement à l'affiche de Les saveurs du Palais.

Les_Saveurs_du_Palais_affiche


► 
Le synopsis

Ce film est construit sur l'histoire vraie de la cuisinière personnelle de François Mitterand, Danièle Mazet-Delpeuch, qui officia comme chef à l'Elysée de 1988 à 1990. Le rôle de cette dernière est incarnée avec bonhomie par Catherine Frot sous le nom de Hortense Laborie. Hortense est une périgourdine amoureuse de la bonne popote mitonnée. À sa grande surprise, le Président de la République (incarné par Jean D'Ormesson) nomme Hortense responsable de ses repas personnels au Palais de l'Élysée. Faisant fi des jalousies et messes bases de la cuisine centrale, le caractère bien trempé d'Hortense impose petit à petit sa cuisine authentique qui détonne des plats élaborés habituels mais sait illico séduire le Président.

20330191

20179563

 

► Le casting

Comme je l'ai écrit plus haut, Jean D'Ormesson est à l'affiche de ce film. Même si j'apprécie l'auteur, le monsieur et son univers, si j'ai visionné ce film, c'est avant tout parce que le rôle principal est interprété par Catherine Frot. J'aime énormément cette actrice et sa capacité à endosser des rôles aussi divers que variés. Sa filmographie est impressionnante en ce sens. Concernant Jean D'Ormesson... Je n'ai pas été éblouie par son rôle ni son personnage. Il joue très justement un mitterandien amoureux de bonne chair, gourmand mais sans excès. Aussi, il faut bien avouer, naturellement monsieur D'Ormesson impose une certaine prestance. Il n'a donc eu qu'à la mettre en scène dans la peau d'un président. C'est le duo Frot-D'Ormesson qui est savoureux à entendre. Leurs répliques, leurs échanges sont très souvent délectables.

Capture d’écran 2017-12-11 à 14


► 
Le réalisateur

Capture d’écran 2017-12-11 à 14

Lycéen en banlieue parisienne dans les années 70, Christian Vincent se consacre davantage au militantisme politique qu'à la cinéphilie. Mais la découverte, à 21 ans, de La Règle du jeu est un choc pour le jeune homme, qui s'oriente alors vers le 7e art. Après des études de sociologie et de cinéma, il intègre l'IDHEC en 1979. Dans ce cadre, il tourne plusieurs courts remarqués, comme Il ne faut jurer de rien (1983) avec, déjà, Fabrice Luchini, avant de devenir assistant monteur sur les derniers films de... Max Pécas. Il travaille également pour les actualités régionales de France 3 Nord-Pas de Calais.

A la fin des années 80, Christian Vincent fait des recherches sur la coquetterie au XVIIIe siècle, et notamment l'usage des mouches, pour les besoins d'un film collectif doit il doit réaliser un sketch. Le projet est abandonné, mais fournira au cinéaste l'argument de son premier long métrage, La Discrète, brillante comédie de caractères avec l'éloquent Luchini, acteur rohmérien encore inconnu du grand public. Succès critique et commercial inattendu, le film récolte trois César en 1991, dont celui de la Meilleure première oeuvre, et fait du cinéaste l'un des jeunes auteurs en vue, aux côtés de Rochant ou Desplechin. Vincent enchaîne avec le modeste Beau fixe, marivaudage qui offre à Isabelle Carré et Elsa Zylberstein leur premier grand rôle en 1992.

Tourné dans des conditions plus confortables -Berri à la production, Huppert et Auteuil au casting-, La Séparation, son troisième opus, relate avec délicatesse une rupture amoureuse. En 1997, Je ne vois pas ce qu'on me trouve, avec Berroyer, témoigne encore du talent de Christian Vincent à croquer le quotidien avec tendresse et humour, mais le cinéaste choisit ensuite de bousculer ses habitudes en signant en 2000 Sauve-moi, chronique sur la misère sociale, tournée à la suite d'un atelier d'écriture mis en place autour de 17 chômeurs. Après cinq ans passés à plancher sur des projets qui n'aboutiront pas, il aborde, sur un ton léger, le thème des familles recomposées dans Les Enfants, sa troisième collaboration avec Karin Viard. En 2006, il s'essaie à la comédie sophistiquée façon Lubitsch avec Quatre étoiles, un film en forme de bulle de champagne qui le voit retrouver Isabelle Carré, près de quinze ans après Beau fixe.


► La cuisine

Doit-on regarder Les saveurs du Palais comme on peut regarder TopChef ? Non, assurément non. On y a voit bien évidement Hortense/Catherine Frot cuisiner, rendre visite au maraîcher, déboucher une bouteille de vin, patiemment élaborer des plats mijotés pendant qu'une brigade s'affaire en cuisine centrale... Mais vous ne trouverez pas dans Les saveurs du Palais de recettes à reproduire, d'astuces à noter ou de jolis plans d'assiette qui vous feront saliver.

Les saveurs du Palais raconte avec une douce et jolie mélancolie des souvenirs gastronomiques, des plats qui ont une histoire comme le Saint Honoré. À travers la vision d'Hortense, on regrette 
la disparition d'une culture de la cuisine (qui s'ancrait dans les mets aussi bien que dans les mots) au profit d'une cuisine qui parle coût financier, coût calorique et gestion de problèmes relatifs.

20330190

20179559

 

► Mon avis : 3/5

Je pense que sans Catherine Frot, je ne me serais peut-être pas intéressée autant à ce film. Elle est vraiment espoustouflante dans son rôle et, si j'ose dire, ce rôle de cette cuisinière était vraiment taillé pour elle. Elle a le dédain, le charisme, l'humour également mais aussi la pudeur qu'il fallait pour incarner cette cuisinière au service de la gourmandise d'un grand monsieur.

Ce film ne s'adresse pas obligatoirement à des passionnés de cuisine, ni à des curieux de politique. Il parle d'une partie de l'envers du décor à l'Élysée. C'est un film ni grave, ni totalement sérieux. Pour autant, il n'intéressera pas les plus jeunes qui auront, je pense, du mal à accrocher à l'univers mais aussi à l'ironie dont fait preuve autant Hortense que sa petite équipe de cuisine.

Les + :
- Un film calqué sur une histoire vraie, celle de la cuisinière de Mitterand à la fin des années 80.
- Une ode à l'Art de Vivre à la Française face à la nouvelle cuisine qui peut paraître sans âme.
- L'excellente Catherine Frot qui campe à merveille la timidité, l'humilité mais aussi la détermination.
- Le duo Frot-D'Ormesson qui fonctionne à merveille.
- L'ironie de bon nombre de répliques

Les - :
- Le film tire d'avantage, à mon goût, le portrait de la cuisinière à défaut de raconter une histoire autour de son passage à l'Elysée.
- J'aurai aimé que l'angle du pouvoir au travers la cuisine soit d'avantage abordé.

20179560

20179566

Sources : Wikipedia, Allo Ciné, Les Inrocks.